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BONUS : les day use à l’hôtel

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DAY USE À L’HÔTEL : JE T’AIME MOI NON PLUS

day use en hôtellerie

Les day use en hôtellerie sont un marché de moins en moins de niche.

Si le « day use » (appréciez l’anglicisme que l’on se refuse à remplacer par un terme français) — soit l’utilisation d’une chambre d’hôtel en journée pour quelques heures — existe depuis que l’hôtellerie existe, il commence à avoir quitté depuis peu l’image réductrice de l’offre des « love hotels ». Quoique.

– Le day use « historique » est souvent associé aux rencontres discrètes de couples. Ils sont sans bagage et paient souvent « cash ». Seules les chambres sont concernées pour une à quelques heures. Ce sont généralement les hôtels les moins chers qui sont les plus demandés et, de facto, il suffit de constater, en semaines, une dizaine à une quinzaine de voitures qui sont garées dans l’après-midi devant les établissements en périphérie de grandes villes (en plus de celles du personnel). Certains hôtels proposent un tarif spécial, d’autres louent la chambre au prix normal.

– Le day use « fonctionnel » : la chambre est utilisée dans un cadre plus professionnel (voir plus loin). Il y a également ceux qui choisissent de rouler de nuit et qui logent le jour à l’hôtel sur la route ou l’autoroute pour se reposer.

– Le day use « expérientiel » (oh la vilaine expression !) : aujourd’hui fortement développé par Dayuse, on vend l’accès au-delà des chambres : spa, piscine, romantisme, bien-être, télétravail premium, « daycation » (sic), etc.

LE DAY USE : UN MARCHÉ BIEN PLUS LARGE QUE LES RENDEZ-VOUS GALANTS

Commencez par déconstruire les idées reçues. Même si… Les principales clientèles sont aujourd’hui, certes, les couples recherchant de l’intimité, mais aussi, selon les hôtels et leur emplacement, les voyageurs en transit (gare, aéroport), les commerciaux et cadres entre deux rendez-vous, les télétravailleurs cherchant un environnement calme, les habitants locaux souhaitant profiter d’un spa ou d’une piscine ou encore les participants à des événements (mariages, salons, congrès). Là, cela dépasse les seules chambres.

Mais, il est vrai que cette demande au-delà des seules chambres pour couples et pour quelques heures en journée, reste encore marginale. En tout cas, voilà une clientèle que la plupart des autres hébergements touristiques n’auront pas.

 LES CARACTÉRISTIQUES DU « PRODUIT »

Le day use présente plusieurs particularités :

  • Location d’une à quelques heures (souvent entre 9h et 18h).
  • Tarif inférieur à une nuitée classique (mais pas toujours).
  • Réservation généralement de dernière minute, voire sans réservation.
  • De plus en plus forte digitalisation des ventes.
  • Absence de petit-déjeuner et de services nocturnes.

L’hôtel vend en quelque sorte un temps mort de son inventaire.

 LES AVANTAGES POUR L’HÔTELIER

  • Optimisation des revenus :

Libérée par le voyageur d’affaires ou de loisirs en fin de matinée au plus tard jusqu’à la fin de l’après-midi, une chambre vacante en journée ne rapporte rien. Le day use permet de générer un revenu complémentaire, améliorer le RevPAR global et rentabiliser les coûts fixes de la chambre. De plus, en organisant le service des étages avec une femme de chambre présente en fins de journées, cette dernière peut refaire la chambre une fois rendue, qui pourra être relouée le soir-même. C’est ainsi que certains hôtels peuvent dépasser 100 % de taux d’occupation des jours de semaines !

  • Valorisation des équipements

Le client peut également consommer, le cas échéant, restauration et bar, spa, parking, room-service.

  • Diversification de la clientèle

Le day use peut attirer des clients locaux qui n’auraient jamais réservé une nuitée.

  • Paiement cash

Quand il s’agit de day use « confidentiels », les clients paient souvent en espèces par souci de discrétion. On sait que dans de nombreux hôtels, ce chiffre d’affaires additionnel n’est alors pas déclaré… Sans bagage, on demande un paiement à l’arrivée aux clients.

LES INCONVÉNIENTS ET CONTRAINTES

  • Complexité opérationnelle & risque de conflit avec l’organisation classique

Les équipes doivent gérer davantage de check-in et check-out, des rotations plus rapides et une coordination rigoureuse avec les étages (pour refaire les chambres louées en day use). Une chambre louée l’après-midi peut compliquer la préparation des arrivées du soir.

  • Gestion de l’image

Certains établissements craignent encore une connotation liée aux relations extraconjugales, notamment dans l’hôtellerie de luxe, et que cela ternisse leur image. Ou encore une perception de « love hotel », que certains amalgament fautivement avec les risques de prostitution. Des histoires anciennes et des scandales de proxénétisme hôtelier restent avec vivacité dans les mémoires.

  • La question délicate : les couples « légitimes ou pas »

Déjà Feydeau (avec Desvallières) avait célébré l’hôtellerie pour clientèle de court passage et couples illégitimes avec sa pièce « L’hôtel du libre échange » présentée pour la première fois en 1894. L’affaire est entendue. La « tradition » se perpétue aujourd’hui encore, car il y a du business pour les hôtels.

De son côté, l’hôtelier n’a généralement pas à s’intéresser à la nature de la relation entre deux adultes consentants, à condition d’écarter tout usage pour la prostitution. La véritable question devient : le day use est-il un service d’hébergement ou un service de discrétion ?

Il est clair que la garantie de la confidentialité doit être totale de la part de l’hôtel. Les clients attendent un secret professionnel associée à une neutralité commerciale. On a affaire à des enjeux de réputation. Il y a eu bon nombre de procès contre des hôteliers par des clients ou des peoples dont les maris/femmes trompés ont simplement appelé l’hôtel pour savoir si leur conjoint était venu et à qui l’on répondit par l’affirmative. D’où les faux noms au moment du check-in et le paiement souvent en espèces…

C’est une activité surtout de semaines pour les couples.

Si les day use peuvent représenter chaque année plusieurs centaines de chambres louées en plus de celles pour les voyageurs — selon les hôtels, leur gamme, leurs prix, leur localisation et leur acceptation de cette clientèle — l’image reste sulfureuse. Les hôteliers concernés sont contents d’en recevoir pour arrondir leurs fins de mois, mais n’en parlent surtout pas de peur d’être mal vus et de salir l’image de leur établissement.

Aussi, même nous, chez Coach Omnium, ne pouvons en parler dans nos études de faisabilité dans la création ou la reprise d’hôtels. C’est un segment de clientèle qui ne sera jamais évoqué par écrit ; nous versons ce « public » dans la clientèle de loisirs…

POUR ALLER PLUS LOIN : DES PLATEFORMES SPÉCIALISÉES

  • Dayuse : le leader du marché en France et à l’international. La plateforme propose des chambres d’hôtels pour quelques heures, souvent avec accès aux équipements (spa, piscine, salle de sport), avec des réductions pouvant atteindre 75 % par rapport au tarif nuit.
  • RoomForDay : acteur français historique du secteur, positionné à la fois sur les usages loisirs, professionnels et transit voyageurs. La plateforme met également en avant les salles de réunions, espaces de coworking et services annexes des hôtels.
  • HotelsByDay : plateforme américaine moins présente en France mais proposant quelques établissements dans les grandes villes et zones aéroportuaires. Elle est régulièrement citée parmi les alternatives à Dayuse.
  • DayBreakHotels : plateforme italienne présente dans plusieurs pays européens, avec une offre plus limitée en France mais active sur le segment day use et bien-être.

À côté de ces intermédiaires, certaines chaînes — décomplexées — commercialisent aussi des offres day use directement sur leurs propres sites ou via leurs programmes de réservation, comme Hilton ou Marriott.

Mark Watkins

Un spécialiste reconnu du tourisme d’affaires, de l’hôtellerie et du marketing touristique

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