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BONUS : spa & hôtels

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UN SPA DANS UN HÔTEL, EST-CE VRAIMENT INDISPENSABLE ?

Quel hôtelier, notamment dans les catégories premium, ne s’est pas posé un jour cette question : « dois-je créer un spa / espace de bien-être dans mon hôtel et si oui, pourrai-je le rentabiliser ? ». Ou encore : « si je n’ai pas de spa, mon hôtel sera-t-il suffisamment attractif pour mes clients ? ».

Ce sont surtout les hôtels haut de gamme et de luxe qui se sentent les plus concernés et, à juste titre. 80 % des clients d’hôtels haut de gamme jugent important à indispensable la présence d’un spa et on grimpe à 96 % dans le luxe (5*). S’il n’existe pas, à notre connaissance, de recensement sérieux de l’offre en spas dans l’hôtellerie française, ce serait environ les 2/3 estimés des hôtels 5* qui disposeraient d’un véritable espace de bien-être et un quart des hôtels 4* (ou assimilés).

Du côté du classement (étoiles), la présence d’un spa n’est qu’optionnelle en 5* (mais obligatoire pour obtenir la distinction « Palace ») dans les critères du référentiel officiel. Un réel décalage existe.

UN SPA, C’EST QUOI ?

Trop souvent galvaudés et souffrant d’une définition abstraite ou parfois réductrice au simple hammam / jacuzzi, l’AFNOR a élaboré en 2014, une norme dédiée aux « spas de bien-être » NF X50-843, qui remet l’église au centre du village.

Définition du spa par l’AFNOR « Lieu ou établissement de détente et de confort où s’exercent sur un espace dédié et dans un cadre commercial des techniques et soins de bien-être et/ou de beauté ainsi que des soins de bien-être par l’eau, par une prise en charge polysensorielle et personnalisée. » 

La norme donne quelques indications de conception, en précisant la surface minimum d’une cabine (entre 10-12 m²) et un nombre minimal de cabines requis établi à 3.

Il faut apporter quelques précisions sur les notions et les réalités que revêtent les termes de « Spa » et de « Bien-être ».

Le Spa : il se doit obligatoirement de proposer des soins et non de disposer uniquement d’une piscine, sauna, hammam. On distinguera :

  • Les soins « secs » : soins esthétiques, massages/modelages, manucure, coiffure…
  • Les soins « humides » : gommages, enveloppements du corps, balnéothérapie (baignoire hydromassante, etc.) ou hydrothérapie (douche à jet, douche à affusion, etc.).
  • Le Bien-être : le bien-être recherché est à la fois physique et psychique. Il se déclinera selon trois axes :
  • Des équipements aquasensorielspar exemple: parcours aquasensoriels (bassin avec cols de cygne, bains bouillonnants, bassin kneipp…), sauna, hammam, voire des équipements plus originaux (grotte de sel, grotte de glace, bain de flottaison…), etc.
  • Des soins secs et/ou humides
  • Des activités ou animations composées, par exemple, de cours individuels ou collectifs (yoga, pilates, sophrologies…) et de consultations avec des spécialistes (acupuncteur, naturopathe, nutritionniste, médecine chinoise ou ayurvédique…). Elles ne constituent toutefois pas une composante obligatoire d’un spa.

Autant dire que dans ces conditions, un « spa » conçu dans les règles de l’art, ne pourra pas occuper un misérable 50 m2, comme on le voit trop souvent.

CLIENTÈLE HÉBERGÉE ET EXTÉRIEURE

Pour rentabiliser un spa hôtelier, il faut idéalement capter ces 2 profils car la clientèle hébergée est généralement insuffisante, à elle-seule, à rentabiliser un spa, d’autant qu’elle profite bien souvent de tarifs préférentiels sur l’accès au spa (hors soin), voire de la gratuité (inclus dans le prix de la chambre).

La clientèle extérieure peut être développée dans le cadre d’une formule « day spa » incluant soins, accès à l’espace aquasensoriel et éventuellement boissons, pause gourmande ou déjeuner. Elle est complémentaire aux clients hébergés dans l’hôtel, surtout présents en fin de journée et tôt le matin. A titre d’exemple, ces formules sont très développées sur l’île de la Réunion auprès d’un public local qui en est friand.

La mixité des clientèles permet d’optimiser à la fois le remplissage et le prix moyen et ainsi le chiffre d’affaires, ce qui est essentiel car un spa est un équipement coûteux.

UN INVESTISSEMENT CHER

C’est là que la question de l’investissement prend toute son importance. Sans tourner autour du pot, un spa est un équipement onéreux à la construction/création, aux équipements et en termes de fonctionnement. Il faut basiquement compter (pour un spa d’hôtel 4* d’une surface d’au moins 300 m2) :

  • Un budget moyen de 3.400 € HT/m2incluant le gros et le second œuvre ; soit un équilibre entre :
  • Les zones sèches : 2.800 € HT/m2 en moyenne,
  • Les zones humides : 6.500 € HT/m2 en moyenne,
  • Le bassin aquasensoriel équipé (courants, cols de cygne, banquettes…) : 4.200 € HT/m2 en moyenne.

Auxquels il faut ajouter les équipements (sauna, hammam, grotte de sel, bassin kneipp…) dont la fourchette de prix est très large en fonction de la capacité, des matériaux, de la puissance, des options (éclairage, sonorisation, aromathérapie…), du design…

L’addition peut ainsi grimper rapidement, entre 1 et 1,2 M€ pour un spa de 300 m2. Et c’est sans compter les charges d’exploitation, dont le nécessaire personnel (spa manager, praticiens) et les coûts d’eau-énergie.

DU CÔTÉ DES CLIENTS

Quand on leur demande s’ils utilisent ces spas ou espaces de bien-être lors de leurs séjours dans les hôtels qui en proposent, 8 clients sur 10 répondent par l’affirmative en fonction de sa gratuité ou de son prix toutefois. Au final, seuls 9 % des clients disent utiliser le spa sans que cela ne dépende du coût, contre 45 % s’il est gratuit.  

Notons néanmoins que ce sont surtout les espaces aquasensoriels qui sont utilisés par les clients d’hôtel. Leur accès est souvent gratuit ou à prix préférentiel pour les clients hébergés. Ils offrent un côté ludique plus accessible, y compris pour un public non averti, et ne font pas l’objet d’une réservation préalable, contrairement aux soins.

Ces derniers sont donc un peu moins prisés, bien que 4 clients sur 10 annoncent en profiter, mais avec des écarts notables en fonction des catégories d’hôtels ou de l’âge. 53 % des clients d’hôtels haut de gamme recourent à des soins payants, contre 37 % dans le moyen de gamme. De même, 68 % des moins de 35 ans et 77 % des plus de 66 ans disent ne jamais fréquenter les soins payants.

La question des recettes induites par les clientèles d’hôtel est donc épineuse entre ceux qui ne fréquentent le spa que s’il est gratuit et ceux qui ne profitent pas des soins (payants) : 6 sur 10. D’où, une fois encore, l’importance de capter un public extérieur dédié et payant. Mais ce constat dépend bien entendu de l’offre du spa (dimension, contenu,…) et de son niveau de gamme.

De manière caricaturale, on est davantage prêt à débourser pour accéder à un spa de 1.000 m2 très bien équipé que pour un petit espace bien-être ne comprenant qu’un sauna et un jacuzzi.

ALORS ?

S’il est compliqué de rentabiliser un spa de bonne facture, lequel impose un investissement important, et dès lors où le chiffre d’affaires nécessaire sera le plus souvent difficile à développer, la question est de savoir si un spa peut être un élément d’attractivité auprès des clients pour choisir tel hôtel — qui en dispose — plutôt qu’un autre — qui n’en propose pas, et source de recettes complémentaires.

Ainsi, est-ce qu’un spa peut profiter à l’établissement dans son ensemble et permettre de faire croître la durée de séjours, le taux d’occupation et le prix moyen chambre ?

Il n’existe pas de réponse unique. Tout dépend de la clientèle que reçoit l’hôtel (affaire / loisirs), de sa localisation et de ses caractéristiques, ainsi que de la gamme, de la superficie, de l’offre spa et de ce qu’il propose comme catalogue d’activités. S’il est suffisamment grand et riche en prestations, avec une offre originale, attrayante et professionnelle, le spa peut être un élément de distinction et d’attractivité, séduisant à la fois des clientèles locales et hébergées, incitées éventuellement à rester une nuit de plus et à dîner sur place pour profiter de cet espace de bien-être le soir. La hausse du prix des chambres sera plus acceptable (sous réserve qu’elle reste en adéquation avec la gamme de l’hôtel et à ce que les clients sont prêts à dépenser). Mais cela suffira-t-il à couvrir les coûts d’investissement et de fonctionnement ?

Chaque situation est à étudier au cas par cas, en fonction de l’hôtel, de son environnement, de ses clientèles.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas parce qu’un ou des concurrents ont fait le choix de proposer un espace de bien-être / spa qu’il faut obligatoirement faire pareil.

En résumé, un spa / espace de bien-être ATTRACTIF :

  • Doit être suffisamment grand et proposer un contenu qui permette une découverte sensorielle pour pouvoir produire une demande (hébergée et extérieure locale) bénéficiant à l’hôtel. La simple piscine avec hammam et sauna entourée de cabines de soins, sans scénarisation, est révolue.
  • Doit intégrer une clientèle extérieure (non hébergée) notamment en commercialisant des forfaits « day spa » incluant des repas ou d’autres services de l’hôtel, c’est la seule issue pour escompter une rentabilité. Des systèmes d’abonnements peuvent bien entendu être proposés.
  • Doit être géré par un personnel professionnel et commercial.
  • Doit faire l’objet au préalable d’une étude de marché, d’une pré programmation et d’un prévisionnel d’activité pour ajuster son dimensionnement, son offre et vérifier ses potentiels de rentabilisation.

Perrine Edelman

Voyageuse et curieuse, elle prend toujours plaisir à découvrir de nouveaux sites et à accompagner des projets partout en France métropolitaine et en Outre-Mer

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