BONUS : les équipements « perdus de vue » dans l’hôtellerie
Publié le 28 avril 2026
CES ÉQUIPEMENTS PERDUS DE VUE DANS LES HÔTELS FRANÇAIS
C’est tout naturellement que dans les hôtels français beaucoup d’équipements, autrefois standard, ont disparu, sont en voie de disparaître ou sont devenus très rares. Souvent parce qu’ils étaient peu utilisés, coûteux à entretenir ou remplacés par des solutions plus simples et/ou plus modernes.
Et bien sûr, certains ne correspondent plus à l’usage des clients en hôtellerie ou même chez eux.
Voici les principaux « disparus » ou quasi disparus depuis ces dernières années :
1) – DANS LE HALL, RÉCEPTION :
• Cabines téléphoniques : comme partout et même dans les rues, le téléphone portable (96 % des clients d’hôtels en ont un avec eux — études Coach Omnium) a fait mettre au rebut ces petites installations isolantes.
• Machines à cirer les chaussures (hall ou couloirs) : elles ont quasiment disparus des radars. Il faut dire que même dans les hôtels premium, la clientèle porte désormais des baskets ou tennis. Donc, les cire-chaussures n’ont plus l’occasion d’être utilisés. Il en va de même des brosses à chaussures dans les chambres passées aux oubliettes.
• Chariots à bagages en libre-service dans les étages : on les trouve de moins en moins fréquemment dans les hôtels.
• Plan de la ville (papier ou affiché). Il est remplacé par les QR codes et Google Maps. Avec les smartphones, son usage est de toute façon obsolète.
• Présentoir à cartes postales : en fin de vie ! La mode d’envoi de cartes postales s’est étiolée. Internet et les photos « instagrammables » prises sur son smartphone ont pris la relève.
• Les journaux papier (offerts) : on peut encore en trouver dans des hôtels de luxe mais le cas échéant, avec une gamme restreinte par rapport à ce qui était mis à la disposition des clients il y a encore une décennie.
Porte-clés lourds à laisser à la réception : remplacés par des cartes magnétiques (les cartes en plastic perforées sont déjà has-been) ou même des applis mobiles, les fameux porte-clé d’hôtels en métal, avec une grosse boule (ou autre), donnent un aspect suranné. Les hôtels modernes les ont rangés à la cave. Plus largement, les clés physiques sont en forte baisse au profit du digital.
• Le business corner (avec photocopieuse, ordinateur en libre-service et imprimante, autrefois avec un Minitel) : avec une majorité de voyageurs qui se déplacent avec un ordinateur portable, une tablette et/ou un smartphone, le business corner est passé de mode. Dans beaucoup d’hôtels urbains, il a été remplacé par un espace de coworking, généralement dans le lobby de l’hôtel.
• Réception ouverte 24h/24 avec personnel physique : si on en trouve évidemment encore dans une majorité d’hôtels — mais pas forcément avec du personnel 24h/24 —, la tentation est grande de supplanter les réceptions par des bornes automatiques ou encore en obligeant les clients à télécharger une appli sur leur smartphone pour entrer directement dans la chambre. Officiellement, c’est pour « casser les codes (dits désuets) de l’hôtellerie ». Mais, en réalité, c’est pour faire de belles économies en frais de personnel. Sauf que la majorité des voyageurs sont (encore) contre ces solutions de remplacement, voulant un contact humain et étant plus rassurés par la présence d’un personnel d’accueil.
2) – DANS LA CHAMBRE :
• Superficies : la grande tendance depuis une vingtaine d’années est de réduire la surface habitable dans les chambres. Et pas seulement dans les hôtels des grandes villes. Le classement hôtelier l’a même officialisé et donc encouragé, avec par exemple une obligatoire de superficie de chambres pour deux personnes, y compris la salle de bains, de minimum (à peine) 16 m2 en 4 étoiles. Bref, des logements pour lilliputiens… mais chers quand même. Les raisons ? Foncier de plus en plus onéreux, moins de surfaces coûte moins cher en investissement et entretien, la rentabilité est meilleure. Mais, en corollaire, il n’est pas sûr que les clients aiment cette limitation spatiale et que cela puisse aider à leur faire apprécier le rapport qualité/prix !
• Lits doubles de 1,2 m de large : c’est le 1,4 m et même le 1,6 m de large qui s’imposent dorénavant avec 2 m de long (au lieu de 1,9 m). Les gens sont plus grands et même plus gros… et c’est ainsi qu’ils équipent leur habitat également.
• Téléphone fixe : il est encore présent, mais est de moins en moins utilisé (remplacé par le mobile et parce que les hôteliers abusaient dans la facturation des appels). Pourtant, près de 3/4 des clients d’hôtels apprécient de pouvoir joindre immédiatement la réception, ne serait-ce qu’en cas d’urgence ou de demande de renseignement. Ils n’ont pas nécessairement le numéro de téléphone de l’hôtel sur leur portable et n’ont pas envie de le rechercher.
• Réveil digital indépendant (en tête de lit) : remplacé par le smartphone des clients. Même chose pour la radio.
• Mini-bar systématique : souvent supprimé ou vidé. Peu rentable et aux boissons facturées trop chèrement, il est parfois remplacé par un « corner » au lobby ou un distributeur automatique de boissons/snacking par étage.
• Couvertures épaisses + dessus-de-lit : les s couettes auxquelles les clients sont désormais habitués, y compris chez eux, ont pris la place des couvertures et dessus-de-lit dans les hôtels. Et ce n’est pas plus mal. C’est plus hygiénique aussi, car il fallait quelquefois que des taches soient bien visibles pour décider de faire nettoyer ces composants de literie. Quant aux jetés de lit, ils deviennent ringards et prétentieux quand cela ne concerne pas une hôtellerie de château à l’ancienne…
• Moquettes : en recul (sauf dans le luxe). Comme dans l’habitat, on reproche à la moquette des problèmes d’hygiène et d’entretien. C’est d’ailleurs une réalité : les femmes de chambres ne shampouinent évidemment pas les moquettes tous les jours et un simple passage d’aspirateur est insuffisant. Souvent, il faut qu’il y ait de grandes taches pour faire quelque chose… Il n’y a plus que 14 % des clients d’hôtels qui sont pour la moquette, contre 67 % qui préfèrent du parquet dans la chambre (études Coach Omnium).

Ce qu’on ne trouve plus ou de moins en moins dans les hôtels français
• Placards fermés massifs : ils sont remplacés de plus en plus par des rangements et penderies ouverts ou minimalistes. La mauvaise idée des cintres antivol demeure cependant à la mode (difficiles à raccrocher, d’autant plus quand la penderie est mal éclairée). Les meubles porte-bagages deviennent rares, voire même les plans de travail/bureau.
• Cendriers : bien entendu, la généralisation des hôtels non-fumeurs les a éliminés.
• Télévisions avec chaînes limitées sans connectivité : remplacées par Smart TV / casting.
• Films payants à la demande : la VOD hôtelière classique n’a jamais eu de succès, à cause du supplément (souvent onéreux) à payer. Elle a été supplantée par Netflix & co. Les voyageurs regardent également la TV via leur ordinateur portable, à condition d’avoir une bonne réception Wifi.
• Connexions internet filaires (câble Ethernet, RJ45…) : quasi abandonnées au profit du Wifi. Ce dernier est (enfin !) de moins en moins souvent payant dans les hôtels, même en haut à très haut-débit.
• Téléviseur sur potence (petit écran CRT ou LCD bas de gamme) : on met à la place (ouf !) des grands écrans plats Led.
• Bouteilles d’eau minérale individuelles : le cas échéant, on les substitue par des bouteilles d’eau filtrée ou par …rien du tout.
• Bloc-notes et stylo : de moins en moins fournis, pour des raisons, dit-on, écologiques et économiques.
• Fiches papier d’information (annuaires, consignes, menus) : remplacées par un QR codes ou une appli.
• Poubelles uniques : mise en place progressive de poubelles de tris.
• Équipement de repassage (appareil et planche dans la chambre ou le couloir) : en recul marqué car finalement rarement utilisé.
• Cloisonnement de la salle de bains : voilà une tendance malheureuse (car elle ne plaît pas à la majorité des clients d’hôtels, surtout en séjour de couples) qui porte sur la suppression des cloisons opaques entre la partie couchage et la salle de bains. L’argument s’appuie sur une idée de design pour, là encore, « casser les codes de l’hôtellerie ». Mais, la vraie raison est que c’est une solution de gain de place pour les chambres de petite dimension, ce qui devient la norme (voir plus haut).
3) – DANS LA SALLE DE BAINS :
• Baignoires : c’était autrefois (jusque dans les années 1970-80) un élément de grand standing. Pour gagner de la place, faire des économies en eau et parce que 9 clients d’hôtels sur 10 préfèrent prendre des douches (y compris à l’hôtel mais dans de vraies douches), on a sorti les baignoires des salles de bains. Il n’y a plus que dans les hôtels de luxe que l’on trouve un combo baignoire + douche à l’italienne.
• Bidets : le bidet — autrefois standard dans les hôtels européens — a pratiquement disparu faute de place et par désintérêt de la clientèle, y compris internationale (notamment anglo-saxonne). Dans l’habitat, ce fut la même chose. On n’a pas décidé un jour de supprimer les bidets des hôtels. Ils ont simplement commencé à être retirés à partir des années 1970, sous l’effet des douches, du papier toilette, du manque de place et des nouvelles tendances de design.
• Produits d’accueil en micro-emballages : tout comme l’ancestral savon en pain fixé au mur (des écoles) a été substitué par des flacons et emballages individuels qui faisaient l’image de l’hôtellerie, on installe à présent des distributeurs muraux. La première raison officielle à ce changement est écologique (moins d’emballages), mais également parce que c’est plus économique pour l’hôtel et plus facile à gérer pour le personnel d’étages.
• Rideaux de douche : pas hygiéniques du tout (impossibles pour la femme de chambre à nettoyer correctement), opaques et désagréables au toucher sous la douche, ils sont heureusement remplacés par des parois vitrées ou pare-douche. Parfois par rien, avec la joie de voir de l’eau partout après une douche…
• Gobelets en plastique jetables : remplacés par du verre ou des matériaux recyclables (sauf qu’ils ne le sont pas tous).
• Balance pèse-personne : très courante dans les années 80-90, elle est devenue rare, jugée peu utile voire intrusive.
• Bonnet de douche : de moins en moins présent, il est considéré comme désuet.
4) – SERVICES & AUTRES :
• Rétroprojecteurs : longtemps omniprésents dans les salles de séminaires, on n’en trouve pour ainsi dire plus depuis le début des années 2000. Ils ont bien sûr été supplantés depuis par les vidéoprojecteurs associés à un ordinateur portable. Les projections se font sur écran mural ou sur TV grand écran.
• Room service 24h/24 systématique : en recul hors haut de gamme et surtout luxe.
• Petit-déjeuner en chambre : désormais uniquement obligatoire en 4 et 5 étoiles, selon le classement hôtelier, les clients doivent descendre en salle pour ce premier repas du jour. Mais auparavant, il n’y avait que près de 15 % d’adeptes du petit-déjeuner dans la chambre à l’hôtel.
• Nettoyage quotidien des chambres (pour les recouches) : on propose aux clients de ne pas demander le passage de la femme de chambre durant le séjour et donc de ne pas nettoyer la chambre en cas de recouche (2 à plusieurs nuits). Parfois, il faut que le client se manifeste s’il veut un nettoyage quotidien, sinon il ne l’aura pas. Et tout cela sans contrepartie (réduction tarifaire, par exemple). La version de façade est celle de faire du bien à la planète. La vraie raison est bien sûr purement économique au seul bénéfice de l’hôtelier.
CE QUE CELA RÉVÈLE (au-delà des équipements et services disparus) :
Moins d’objets et d’équipement, c’est moins d’investissements et moins de frais de maintenance, d’entretien et de ménage. Donc par extension moins de personnel, qui coûte cher. C’est également une logique de rationalisation et de standardisation. C’est enfin, dans certains cas, une adaptation aux usages réels (le client n’utilise plus certaines choses : baignoires, bidets…) et c’est une montée des prises en compte environnementales (réelles ou prétextées).
Le Covid a aussi précipité la fin de nombreux équipements partagés ou considérés comme vecteurs de contamination.
Ces équipements sont parfois remplacés ou purement et simplement abandonnés. Mais, l’essentiel ne serait-il pas d’interroger les clients d’hôtels pour savoir ce qui leur semble utile et inutile, souhaitable ou facultatif ? Ce que Coach Omnium fait régulièrement dans ses études quali-quantitatives.
Mark Watkins
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