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BONUS : la thalassothérapie en France

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DOSSIER : L’ÉVOLUTION DU MARCHÉ DE LA THALASSOTHÉRAPIE EN FRANCE

La thalassothérapie, qui exploite les bienfaits du climat marin, de l’eau de mer, des boues, du sable et des algues marines dans une optique thérapeutique, est souvent, à tort, assimilée au thermalisme, lequel utilise les propriétés des eaux de source à des fins médicales ou, plus récemment, récréatives.

S’inscrivant toujours dans une tendance forte d’intérêt pour le bien-être et la préservation du capital santé, la « thalasso » reste bel et bien actuelle. Cette aspiration s’observe depuis plusieurs décennies et se généralise.

Mais, elle s’est fortement renforcée avec la pandémie de Covid-19, qui a eu des conséquences lourdes sur la santé physique et psychique de nos contemporains : prise de poids, humeur dépressive, horloge biologique bousculée, troubles du sommeil, burn-out…

LA FRANCE, BERCEAU HISTORIQUE DE LA THALASSO

La France se positionne toujours comme le leader mondial en ce domaine avec une cinquantaine de centres et instituts. Ils sont implantés sur les 3 façades littorales, majoritairement sur la côte Atlantique, notamment la Nouvelle-Aquitaine et la Bretagne, ainsi que sur la Manche.

3 groupes majeurs concentrent plus de 40 % du marché : Thalassa (du groupe Accor, 8 adresses), Thalazur avec 9 établissements et Relais Thalasso (4 centres).

Cette offre globale de la thalassothérapie se restructure avec de nombreuses rénovations / modernisations depuis ces dernières années. Il faut dire qu’un vieillissement du parc était patent.

FAIRE PEAU NEUVE

Parmi les plus récentes évolutions, nous pouvons citer :

  • La métamorphose de Thalazur Saint-Jean-de-Luz en 2021 qui a fait appel à l’architecte d’intérieur Jean-Philippe Nuel pour la décoration et fait le choix d’une ambiance dans l’esprit années 1930. Le chef basque Nicolas Borteyru est désormais aux manettes des 2 restaurants.
  • La réhabilitation complète du Relais Thalasso Île-de-Ré Hôtel Atalante en 2021 qui s’est inscrit dans une démarche de développement durable et de respect de la nature.
  • La thalasso Roz Marine à Perros-Guirec, rouverte en mars 2023 après un an et demi de travaux, a fait l’objet d’une rénovation alliant modernité et ancrage territorial, tout en mettant en avant le patrimoine local, comme le souligne son directeur commercial. Désormais le plus grand établissement des Côtes-d’Armor, l’hôtel-thalasso a pour ambition d’offrir à ses hôtes une prestation où chacun peut se sentir comme chez soi.
  • L’hôtel thalasso et spa de Dinard qui a rouvert ses portes en avril 2024, après près de 7 mois de travaux, avec pour ambition de devenir « la plus belle Thalasso de France » selon Bruno Vilt, directeur du site.
  • Thalazur a momentanément fermé début 2024 son établissement de Carnac ; il abrite le plus grand spa marin de Bretagne Sud. Carnac est la seule thalasso en France, à proposer tous ses programmes de cure 100 % bio. L’établissement va être entièrement rénové et réaménagé, y compris l’hôtel et les restaurants, avec une réouverture espérée avant l’été 2025.

…MAIS LE PARC RESTE QUANTITATIVEMENT STABLE :

Entre contestations par des riverains et des associations, contraintes d’aménagement et administratives, et problèmes de financements (un centre de thalasso coûte très cher), les projets d’ouverture languissent.

  • L’hôtel-thalasso 4 étoiles de Fécamp, d’une superficie de plus de 8.000 m2 pour un budget dépassant les 20 M€, porté par le groupe Odyssée Immobilier, prend du retard. Initialement prévus en 2022, les travaux auraient finalement dû débuter courant 2024, mais cela ne semble pas le cas. A ce jour, l’office de tourisme de la ville n’a toujours aucune date sur un potentiel début de chantier.
  • De son côté, le Relais Thalasso et hôtel 4* à Larmor-Plage a enfin obtenu l’aval du Conseil d’État, après de nombreux recours d’oppositions, notamment de la part de quatre associations. Celles-ci dénoncent le non-respect de la loi Littorale et l’absence d’études d’impact ; elles déplorent aussi que des enjeux telles que l’érosion côtière, la gestion des ressources en eau et la perte de biodiversité n’aient pas été suffisamment prises en compte. Alors que le projet est annoncé pour courant 2027, des interrogations subsistent.
  • D’autres projets ne verront probablement pas le jour. C’est le cas de celui de Boulogne-sur-Mer ou bien encore à Berck. Le projet de Saint-Hilaire-de-Riez a été abandonné, tandis que celui de Villefranche-sur-Mer a évolué au profit d’un hôtel spa et bien-être, sans concrétisation à ce jour.
  • Le projet des Nielles à Saint-Malo, qui soulève de nombreuses désapprobations depuis 2016, a connu un nouveau retournement de situation. Suite à l’annulation du permis de construire du projet en octobre 2022, La Cour Administrative d’Appel de Nantes a décidé d’annuler le jugement ; elle devrait alors faire connaître sa décision dans les prochains mois.

Si la crise du Covid a pu réfréner cet élan créateur, elle n’est pas la seule explication à ce ralentissement. Le secteur semble être tout simplement arrivé à maturité.

D’une part, il n’est pas facile de trouver des sites qui soient encore disponibles en front de mer — dans le respect de la Loi Littorale —, qui ne fassent pas l’objet d’une levée de boucliers par les associations locales et écologistes, et qui satisfassent aux exigences d’exploitation d’une thalassothérapie, comme le montre le lancement houleux du projet de Larmor-Plage.

D’autre part, l’offre ne crée pas nécessairement la demande sur ce marché, à moins éventuellement d’un concept novateur. Un nouveau projet devra donc trouver sa clientèle, sur un marché concurrentiel et qui n’est pas exponentiel.

UNE DEMANDE EN HAUSSE, MAIS UN RACCOURCISSEMENT DES SÉJOURS

Après 2 années en berne, liées à la pandémie de Covid, l’activité est repartie à la hausse en 2022 et a renoué, voire dépassé, en 2023 les performances enregistrées en 2019 (avant Covid). Le nombre moyen de curistes par établissement aurait progressé en 2023 de près d’un quart comparé à 2019. Pour autant, le profil des séjours a changé : ils se sont écourtés (désormais inférieurs à 2 jours) et, par conséquent, le nombre moyen de soins par curiste s’est réduit (près de 2 soins en moins en moyenne comparé à 2019). De ce fait, le chiffre d’affaires moyen par curiste recule d’environ 20 %.

Cette situation touche plus particulièrement les établissements des côtes atlantique et méditerranéenne. La Manche et la Bretagne sont plus épargnées, peut-être en raison de la proximité du Bassin parisien, premier pourvoyeur de clientèles, et de la notoriété de leurs destinations thalasso historiques.

Le raccourcissement des séjours concerne tous les secteurs touristiques depuis une vingtaine d’années environ. On part moins longtemps, mais plus souvent. D’où la nécessité pour les centres de thalassothérapie pour compenser, d’accroître le volume de curistes et d’étoffer leur mix-clientèle : plus jeune, plus masculine, ce qui passe notamment par la rénovation et la modernisation des établissements et la création de nouvelles offres.

Pour autant, en 2024 encore 7 curistes sur 10 sont des femmes, 9 sur 10 sont français. L’internationalisation n’a jamais pris dans ce secteur. Le renouvellement des clientèles reste un des enjeux de la thalassothérapie.

UN SECTEUR EN MUTATION PERMANENTE

Les clientèles classiques de la thalassothérapie ont évolué. Le marché s’est adapté — depuis déjà pas mal d’années — via notamment une stratégie de diversification de l’offre, du curatif vers le préventif, et une prise en charge globale du client (approche holistique) au travers de :

• Programmes plus diversifiés et plus spécifiques : ceux adaptés aux besoins de santé spécifiques (anti-stress, burnout, diététique…) sont en plein essor. Alliance Pornic a adopté le traitement Waves21, qui combine les pratiques traditionnelles de thalassothérapie, comme les bains d’algues rouges et les douches à jets circulatoires, avec des thérapies de spa et des ateliers diététiques, abordant les inconforts courants.

• Cures adaptées aux besoins et désirs féminins ou masculins : la thalassothérapie se distingue par une clientèle majoritairement féminine, mais elle attire de plus en plus d’hommes, avec des soins et des séjours spécifiquement conçus selon le genre. On retrouve des cures spéciales pour hommes dans la plupart des centres : la cure « Mer et Minceur au Masculin » des Thermes Marins de Saint-Malo met l’accent sur la diète lorsque la cure « Homme » de Prévithal thalasso Spa Marin à Granville se focalise sur le plein d’énergie et de vitalité. Les cures dédiées aux femmes se développent aussi. Chez Thalazur, deux programmes entièrement conçus pour le bien-être des femmes ont été créés en 2024 : la cure « Ménopause » proposée dans plusieurs centres, et la cure « Post Cancer au Féminin » proposée uniquement au centre de Cabourg. De nombreux centres comme Carnac ou Deauville vendent une cure thalasso « Jeune Maman » à effectuer avec ou sans bébé. C’est l’occasion de prendre soin de soi et de se faire chouchouter en douceur après la naissance…

• Techniques de soins innovants : la cryothérapie, par exemple, qui était réservée aux sportifs et à quelques pathologies, s’est peu à peu installée dans les centres de thalassothérapie. Si Alliance Pornic a été le premier à s’en équiper, la cryothérapie est devenue un classique. Plus récemment, on parle d’épigénétique, microbiote intestinal, bilan physiologique complet… Ainsi, par exemple, Thalazur a fait de l’épigénétique – discipline qui prend en compte l’impact de l’environnement et de nos modes de vie sur l’expression de notre patrimoine génétique – un axe stratégique pour l’ensemble du groupe et a utilisé cette technologie pour créer une ligne cosmétique “Marine Jardin”. Ses sites vont proposer chacun en fonction de leur spécificité et de leurs compétences, une cure « bien-être » construite autour de soins et d’activités intégrant cette dimension. Autre exemple chez Relais Thalasso, la cure 6 jours Thalavie est un programme visant à retrouver de l’énergie et de la vitalité via des soins, des activités physiques et des rendez-vous avec des spécialistes (diététiciens, nutritionnistes, médecins).

• Activités variées qui complètent l’offre de soins : méditation, alimentation en pleine conscience, hypnose, sophrologie, ayurvéda, luminothérapie, réflexologie plantaire… ainsi que des activités sportives comme le yoga, la gym tao, l’aquabike, aqua relaxation et le longe-côte (marche aquatique), sont au menu de bien des centres de thalasso.

• Modelages : le modelage — et non « massage » qui est associé aux kinésithérapeutes — est une technique relaxante de manipulation, par effleurages, pressions et pétrissages, d’une ou plusieurs parties du corps et du visage. Elle est utilisée dans tous les centres de thalassothérapie sous différentes variantes : modelage du Monde, modelage sous affusion, modelage détente ou énergétique. Le modelage est pratiqué par des hydrothérapeutes et fait appel à des techniques comme l’hydromassage, les massages sous-marins ou les traitements par jets d’eau, souvent combinés à des gommages, des enveloppements ou d’autres soins de spa pour améliorer l’offre et favoriser le bien-être.

LES LABELS ET CERTIFICATIONS ENVIRONNEMENTAUX, DES INCONTOURNABLES ?

Le secteur de la thalassothérapie n’y échappe pas, les labels et certifications ont fleuri ces dernières années dans ce secteur également.

• Spa-A le label qui valorise les professionnels

Le label Spa-A se distingue par son exigence et son approche holistique. Bien plus qu’un simple certificat, il impose aux centres de thalassothérapie de répondre à 50 critères stricts portant sur la qualité des soins, l’accueil et l’expertise des équipes. Cette reconnaissance, valable pour trois ans, permet aux centres labellisés de se démarquer sur un marché hautement concurrentiel. Pour Serge Fourcade du groupe Thalazur, le label Spa-A joue un double rôle : « Il apporte une nouvelle clientèle tout en valorisant les équipes qui ont travaillé à sa mise en place, renforçant ainsi leur fidélisation ». Cette approche permet non seulement de séduire des clients sensibles à des produits et services écoresponsables et de qualité, mais aussi de manager positivement le personnel, en mettant en avant son expertise et son implication dans des projets innovants.

En France, seules 2 thalassothérapies détiennent ce label : la thalasso Deauville by Algotherm et l’Hôtel & Spa Ile Rousse Thalazur Bandol.

• France Thalasso : préserver l’authenticité de la thalassothérapie

Créé par le syndicat éponyme, l’agrément France Thalasso vise à défendre l’appellation « thalassothérapie » en s’assurant que les établissements respectent une charte pointue. Celle-ci impose des normes telles que l’utilisation d’eau de mer naturelle (sans traitement), une surveillance médicale et un emplacement nécessairement en bord de mer — des critères fondamentaux de la thalassothérapie. Depuis sa création en 2008, France Thalasso regroupe aujourd’hui 38 centres répartis sur le littoral français. Ce réseau permet non seulement de promouvoir la thalassothérapie comme un atout pour le bien-être et la santé, mais aussi de représenter les intérêts de ses membres auprès des instances publiques.

Si le label Spa-A et l’agrément France Thalasso se distinguent par leur rigueur, d’autres certifications comme Qualicert et Being sont garants d’engagements spécifiques, qu’il s’agisse de normes environnementales, d’engagement sociétal, ou de qualité des soins. De plus, des groupes comme Relais Thalasso et Thalazur développent leurs propres chartes internes pour renforcer leur engagement RSE.

L’Écolabel Européen, médiatisé et plus connu, est peu présent sur le marché de la thalasso. Le Relais Thalasso Île de Ré est le seul institut en France à l’avoir obtenu en 2023.

Se labelliser, un passage obligé ?

Sans parler d’obligation, un label / certification peut servir plusieurs objectifs :

  • Commercial et promotionnel, sous réserve que le label / certification soit mis en avant par l’établissement et soit connu du grand public, ce qui est peu le cas (même s’il y a toujours un côté rassurant). Pour cela, il faudrait que les promoteurs des labels engagent des budgets et des moyens permanents en marketing et en communication.
  • Structurant. C’est une feuille de route qui permet d’accompagner l’exploitant dans la mise en œuvre de bonnes pratiques,
  • Managérial pour fédérer son équipe autour d’objectifs communs,
  • Citoyen en s’engageant dans plus de qualité, de durabilité, de respect environnemental, sociétal…

Si la certification n’est pas une obligation au sens légal du terme, les contraintes législatives de plus en plus fortes en termes de RSE et de qualité pourraient amener les établissements à user plus largement de ces « outils » pour y satisfaire.

DÉFIS CONTEMPORAINS ET ENJEUX D’AVENIR POUR LA THALASSOTHÉRAPIE

C’est un secteur qui, depuis le début du siècle, a fait face à de nombreux obstacles, dont le déremboursement des séjours de thalassothérapie par la sécurité sociale (ne prenant que les actes de kinésithérapie en charge), le développement de la concurrence sur le pourtour méditerranéen et en particulier dans les Pays du Maghreb, le développement exponentiel des centres de balnéothérapie et des spas hôteliers, la nécessité de diversifier la clientèle (dont nous avons déjà parlé) …et aujourd’hui :

• Le changement climatique et les préoccupations grandissantes pour l’environnement dans une filière particulièrement énergivore : de nombreux centres de thalassothérapie adoptent des pratiques écoresponsables pour réduire leur empreinte écologique. Le groupe Thalazur, par exemple, a multiplié les initiatives pour minimiser son impact : il a réduit l’utilisation de produits jetables et a développé des cosmétiques respectueuses de l’environnement, en veillant à leur composition. D’autres proposent des initiatives ponctuelles sur lesquelles ils communiquent, comme le Relais thalasso des Tourelles à Pornichet qui a organisé un grand ramassage de déchets sur la plage de Bonne-Source en juin 2024.

Une réflexion plus profonde est menée à chaque programme de rénovation des établissements pour les rendre plus vertueux telles que la récupération des calories pour chauffer l’eau, la filtration et le rejet des eaux, etc. Le Relais Thalasso Île-de- Ré, par exemple, a poussé loin la réflexion lors de sa dernière rénovation à travers son programme MER’SEA qui vise l’objectif de consommer moins d’énergie et produire moins de déchets. Il est l’établissement pilote du groupe sur ce sujet ce qui lui a permis d’obtenir l’écolabel européen en 2023. Parmi les autres initiatives, nous pouvons citer celle d’Atlanthal à Anglet, qui a intégré une gestion technique centralisée pour superviser et optimiser les installations de chauffage, climatisation, eau de mer. Une micro-cogénération a aussi été mise en place pour produire de l’électricité réutilisée pour réchauffer les locaux et l’eau de mer des bassins. Ces mesures ont permis de diminuer l’impact carbone du site de 12 %.

• La fidélisation du personnel qui reste un enjeu dans ce secteur touristique, comme dans bien d’autres. Des efforts ont été entrepris sur la gestion managériale comme chez Thalazur, par exemple. Cela passe par un « parcours collaborateur » amélioré, visant à assurer un suivi rigoureux des employés dès leur arrivée dans l’entreprise. Ce parcours comprend notamment la remise d’un livret d’accueil, une journée d’intégration, ainsi que des réunions de suivi à un et trois mois, visant à instaurer un climat de confiance entre l’établissement et les collaborateurs. « Il est essentiel d’écouter attentivement les salariés afin de comprendre leurs expériences, tant positives que négatives, dans le but de les valoriser et les fidéliser » précise Serge Fourcade.

ET QUE SE PASSE-T-IL HORS DE NOS FRONTIÈRES ?

• La Tunisie : 2ème destination de thalassothérapie

La Tunisie se positionne au deuxième rang mondial dans le domaine de la thalassothérapie, juste derrière la France, avec 58 centres principalement situés sur l’île de Djerba et dans le Golfe d’Hammamet. Elle met en avant un climat idéal (16 à 34 °C en moyenne), une qualité de services, des équipements modernes et des prix compétitifs. De plus, “les installations annexes, telles que les piscines d’eau de mer, les salles de sport et les terrains de golf, enrichissent l’offre”, d’après Mokhtar Charfeddine, directeur de La Cigale Tabarka Hôtel Thalasso & Spa Golf.

Bien que l’utilisation de l’eau en soins remonte à l’Antiquité, le concept de thalassothérapie moderne a été intégré dans la stratégie de développement touristique de la Tunisie dans les années 1990, permettant de désaisonnaliser la demande. Les cures les plus populaires sont axées sur le bien-être et le traitement des problèmes arthrose-rhumatismaux (dégénérescence des articulations) ou de surpoids. Les soins se distinguent par des protocoles inspirés de la culture locale, notamment le cérémonial du hammam et l’utilisation de produits locaux comme des herbes médicinales et des huiles extraites de plantes locales.

L’Office National du Thermalisme et de l’Hydrothérapie de Tunisie a instauré la certification ISO 17680, une norme internationale qui définit les exigences de qualité pour les centres de thalassothérapie, en garantissant des prestations conformes aux standards internationaux en matière d’accueil, de soins et d’hygiène.

La clientèle des centres de thalassothérapie en Tunisie est composée d’étrangers, notamment de Français, mais inclut également une clientèle locale tunisienne. Si la fréquentation des centres de thalassothérapie tunisiens n’a pas retrouvé le niveau d’avant Covid (-18 %), elle a connu un réel regain en 2022 puis 2023.

Malgré les contraintes liées à la pénurie de personnel spécialisé, notamment de kinésithérapeutes, le secteur demeure attractif. Les centres de thalassothérapie en Tunisie font face à une concurrence limitée, car les établissements de renom sont peu nombreux et se complètent plutôt qu’ils ne s’opposent.

• L’Espagne : Une vision 360°

L’Espagne est depuis longtemps reconnu comme l’un des pays leaders en matière de thalassothérapie, avec une vingtaine d’établissements situés aussi bien sur la côte méditerranéenne qu’atlantique. Des centres emblématiques comme El Palasiet à Benicassim, l’un des premiers centres de thalassothérapie en Europe, soulignent l’engagement de longue date du pays en faveur du tourisme de bien-être. Grâce à son climat privilégié, l’Espagne reste une destination de choix pour la thalassothérapie, dont le secteur connaît une croissance régulière.

Selon Olga Sanchez Sendin, Responsable Communication and Business Relations chez La Perla Talasoterapia, l’intégration de technologies modernes combinée à des traitements de plus en plus personnalisés, garantissent une évolution pertinente de la thalassothérapie en Espagne sur le marché mondial du bien-être.

La clientèle s’est diversifiée, au profit de cibles plus jeunes, entre 25-35 ans, et de clientèles d’affaires à la recherche de séjours relaxants, de déconnexion et d’équilibre mental. En outre, l’intérêt des clients internationaux, surtout Français dû à la proximité géographique, s’est accru.

Comme en France, les centres de thalassothérapie espagnols évoluent au profit d’offres bien-être holistiques incluant des cours de fitness, de yoga, de relaxation, des traitements et options gastronomiques personnalisés, des soins esthétiques. Ils se distinguent, par cette offre plurielle, des Pays du Maghreb.

Là encore, l’un des principaux défis du secteur est de recruter des professionnels hautement qualifiés ayant une formation spécialisée et l’expertise requise pour chaque traitement. Pour y faire face, de nombreux centres collaborent étroitement avec des établissements d’enseignement.

CONCLUSION

La thalassothérapie est un pilier historique du tourisme de bien-être en France et de la santé curative et préventive. Ces dernières années, elle a cherché à se réinventer pour s’adapter aux évolutions sociétales et aux attentes de ses clients, avec des programmes de rénovations tenant compte des préoccupations grandissantes pour la préservation de l’environnement, de nouveaux parcours de soins et, plus globalement, une diversification et une personnalisation de l’offre.

Malgré un ralentissement des projets d’ouverture – législation contraignante pour les constructions en bord de mer et investissements lourds avec une rentabilité parfois difficile à atteindre –, le renouvellement de l’offre semble positif.

La demande post-pandémie paraît connaître un nouvel essor avec une augmentation du nombre de curistes, attirant des profils de clientèles un peu plus variés, notamment plus masculine. Pour autant, le nombre de journées cures et donc de soins tendant à se réduire, l’équilibre financier peut parfois en être altéré.

À l’échelle internationale, des destinations telles que la Tunisie et l’Espagne s’imposent comme des alternatives séduisantes, offrant des services de qualité à des prix compétitifs, sous un climat favorable.

Perrine Edelman

Article mis à jour avec la collaboration de Margaux Berder, Charlotte Carlet, Rose Omondi Rose et Éloïse Reynaud – étudiantes en Master 1, Économie du Développement Touristique International, à l’IREST, Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne, dans le cadre de l’atelier terrain tourisme de bien-être.


UNE UTILISATION AU DÉPART MÉDICALE

En 1847, à Sète, Mademoiselle Hirsch crée le premier établissement combinant le traitement par l’eau de mer et la cure héliomarine.

1860 marque l’apparition du sanatorium marin, ancêtre de nos Centres de Rééducation en milieu marin qui ancre, à la fin du XIXe, la notion de bain de mer thérapeutique. Un an plus tard, le premier hôpital marin est crée à Berck-sur-Mer par les Drs Lhoste et Perrochaud.

L’année 1865, donne toute sa dimension aux bains de mer car le Docteur La Bonnardière invente le mot « thalassothérapie » à partir des mots grec « thalassa, » la mer et « therapeia », le soin. Dès lors, la thalassothérapie prônera non seulement l’utilisation de l’eau de mer non traitée, mais aussi des algues, du sable et du climat marin. Dans cette lignée, en 1866, le biologiste René Quinton démontre la similitude entre le plasma et l’eau de mer et publiera en 1904 un ouvrage essentiel dans l’histoire des bains de mer : « L’eau de mer, milieu organique ».

En 1899, le Docteur Bagot cherche un terrain pour créer un « institut marin » ; c’est à Roscoff, précisément, pour le cadre, la qualité de l’air et de l’eau qu’il choisit de construire le premier centre de thalassothérapie.

• C’est en 1964, que le cycliste Louison Bobet décide de développer l’activité thalassothérapie en France en ouvrant l’institut de Quiberon, établissement précurseur de la thalassothérapie moderne. Source France-Thalasso.

Voyageuse et curieuse, elle prend toujours plaisir à découvrir de nouveaux sites et à accompagner des projets partout en France métropolitaine et en Outre-Mer

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