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BONUS : les spectacles vivants bons pour l’hôtellerie

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QUEL BÉNÉFICE LES SPECTACLES VIVANTS APPORTENT-ILS À L’HÔTELLERIE ?

Les concerts de Céline Dion à Paris ont donné l’occasion de parler des retombées économiques locales, dont pour le tourisme, d’une telle tournée. Merci Céline ! Les hôteliers locaux en ont d’ailleurs profité pour augmenter leurs prix de l’ordre de 24 à 50 % selon les soirs (source Kayak).

Plus largement, rien que pour l’hôtellerie, les tournées artistiques peuvent représenter une petite manne bien sympathique à encaisser.

DES BESOINS EN CHAMBRES

Le point clé est de ne pas compter seulement « l’artiste ». Une tournée mobilise souvent un véritable petit village itinérant — musiciens, choristes, techniciens son et lumière, régisseurs, production, management, chauffeurs, décorateurs, costumiers, sécurité, etc.

Il faut ajouter à cela les spectateurs qui viennent de loin, au-delà des autochtones. Pour ces premiers, cela peut aller jusqu’à 4 nuits sur place, comme à Paris où ils deviendront avant ou après concert des touristes lambda qui visiteront la Capitale. Quand l’artiste est très connu et a de plus une notoriété nationale ou mondiale, sa force d’attraction sera d’autant plus grande. Des fans traverseront des océans et continents pour les voir se produire.

À l’inverse, dans les grandes destinations touristiques, dont en premier encore une fois Paris pour la France, de simples visiteurs en séjour dans la ville peuvent décider d’assister à des spectacles lors de leur séjour, sans venir spécialement pour ça.

Il faut enfin ajouter les nuitées induites venant des médias dont les journalistes, organisateurs, agents d’artistes, prestataires, sponsors, invités, etc.

Pour les grosses productions, entre équipes, spectateurs et intervenants périphériques, l’impact hôtelier peut donc être considérable.

TOUTES SORTES DE SPECTACLES

En 2024, le ministère de la Culture comptabilisait près de 230.000 représentations de spectacles vivants en France, dont environ 58.000 concerts et 96.800 représentations de théâtre. Le reste comprend notamment humour, comédies musicales, opéra, cabaret, danse, cirque, etc.

Le CNM (Centre National de la Musique), pour la seule musique et les variétés, recense près de 70.000 représentations payantes et 37,9 millions d’entrées en 2024. Il faut inclure près de 1.360 festivals payants en 2024, représentant 7.849 représentations et 8,6 millions de spectateurs.

Pour autant, une grande partie des 230.000 représentations totales sont assurées par des artistes ou compagnies locales, ou dans des théâtres disposant d’équipes résidentes. Elles ne génèrent donc pratiquement aucune nuitée hôtelière.

DES BESOINS EN HÉBERGEMENT

En l’absence de statistique nationale spécifique, on peut estimer que les tournées artistiques et le spectacle vivant génèrent probablement entre 3 et 4 millions de chambres-nuitées par an dans les hôtels français, avec une estimation centrale proche de 3,5 millions. Ce chiffre inclut les artistes, musiciens, comédiens et personnels techniques et de production itinérants.

En ajoutant les spectateurs ayant besoin d’un hébergement sur place en hôtel, sachant que la France compte des dizaines de millions d’entrées dans les concerts et spectacles payants chaque année, on peut arriver à un volume intéressant de nuitées hôtelières. Même si une proportion relativement faible des spectateurs utilise un hôtel spécifiquement pour assister à un spectacle, le volume devient vite considérable.

En dehors des festivals, ce sont cependant surtout les grandes agglomérations qui bénéficient le plus des grands spectacles dès lors où elles disposent de plus grandes salles qu’ailleurs et d’une forte concentration de population.

Pour autant, un spectacle de 500 personnes dans une petite ville peut parfois avoir davantage d’effet sur l’hôtellerie locale qu’un concert de 10.000 personnes à Paris. Un festival accueillant 50.000 personnes sur plusieurs jours peut très bien attirer 10 % de visiteurs extérieurs nécessitant un hébergement — soit 5.000 personnes. Bien sûr, toutes ne vont pas à l’hôtel. Elles peuvent choisir un camping, une location, famille-amis, une résidence secondaire, etc. Cela dépend également du nombre d’hôtels disponibles localement et des prix qu’ils pratiquent.

En résumé, on peut estimer raisonnablement que les spectacles peuvent occuper au profit des hôtels :

  • artistes et équipes : environ 3 à 4 millions de chambres-nuitées ;
  • spectateurs et autres intervenants venant spécifiquement de loin et utilisant l’hôtellerie : probablement 3,5 à 5 millions de chambres-nuitées.

On pourrait arriver à un potentiel global de l’ordre de 6,5 à 9 millions de chambres-nuitées par an, avec une estimation centrale qui pourrait se situer autour de 7,5 millions. Cela semble d’un côté énorme, mais ne représente que près de 5 % du volume de chambres louées dans les hôtels français en 2025 (env. 150 millions). Ce qui est déjà ça !

Cependant, cela se concentre, encore une fois surtout sur les grandes agglomérations et profite grosso-modo à près de 6.200 hôtels, soit 38 % de l’offre. Tout cela est sans compter les retombées sur les autres activités (restauration, transport, commerces, etc.).

Mark Watkins

Un spécialiste reconnu du tourisme d’affaires, de l’hôtellerie et du marketing touristique

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