35 ans, ce n'est pas si vieux
Voilà, ça y est : nous célébrons (déjà) les 35 ans de Coach Omnium.
Pour un cabinet d’études et de conseil, cette longévité tient presque de l’anomalie. Beaucoup d’entreprises dans ce domaine naissent avec enthousiasme… puis disparaissent quelques années, parfois quelques mois plus tard. Les exemples sont nombreux.
Et c’est sans doute encore plus vrai à présent. Les consultants indépendants sont désormais des milliers dans le tourisme, la restauration et l’hôtellerie. Du jamais vu ! Beaucoup exercent avec talent, mais tous ne trouvent pas leur place sur un marché devenu très encombré. Ils sont une multitude qui tirent le diable par la queue.
Je dois donc reconnaître une chose : je suis probablement le premier surpris de voir Coach Omnium souffler aujourd’hui ses 35 bougies.
Lorsque j’ai créé l’entreprise, en juillet 1991, je n’étais pourtant pas malheureux comme cadre salarié. J’avais travaillé dans des exploitations hôtelières, puis aux sièges d’Accor et d’Yves Rocher.
Les promotions qui m'avaient été proposées étaient aussi rapides qu’inespérées, mes compétences furent appréciées, les perspectives étaient réelles et rien ne m’empêchait de poursuivre une carrière confortable.

Mais, arrivé à la trentaine, une évidence s’est imposée : je voulais être indépendant et travailler à mon compte. Le rêve de beaucoup.
Certains s’épanouissent dans les grandes organisations. Moi, j’avais envie de construire quelque chose à ma manière, avec ma vision du métier, ma liberté de jugement et, surtout, l’envie d’être utile à ceux qui entreprennent.
Le hasard — ou peut-être la confiance — a voulu que mes deux anciens employeurs deviennent parmi les tout premiers clients de Coach Omnium. Sans eux, les débuts auraient certainement été plus difficiles.
PAS D’HISTOIRE DE VIEUX COMBATTANT…
Je pourrais raconter les premiers contrats et le champagne sablé (au début) pour les fêter, les nuits blanches, les doutes, les succès, les erreurs. Mais les souvenirs des anciens combattants passionnent rarement ceux qui ne les ont pas vécus.
Je pourrais aussi dresser le bilan : plusieurs milliers de missions réalisées, des centaines de clients, un nombre incalculable de conférences, d’articles, d’études et de publications consacrés au tourisme, à l’hôtellerie, aux MICE et aux spas.
Tout cela est exact.
Mais ce n’est finalement pas l’essentiel. L’essentiel est ailleurs.
TRAVAILLER AVEC LES MOYENS D’UNE AUTRE ÉPOQUE
Coach Omnium est né au mauvais moment. En 1991, la première guerre du Golfe venait de secouer l’économie mondiale (tiens, cela nous rappelle quelque chose de plus actuel…). Les investissements ralentissaient.
Les cabinets spécialisés dans le tourisme étaient peu nombreux… mais les clients (réels) aussi. Les hôteliers et investisseurs indépendants faisaient rarement appel à des consultants. Même chose pour les groupes dans le tourisme. Il fallait presque inventer le marché.
Pourtant, Coach Omnium a trouvé son équilibre dès sa première année. J’ai commencé seul. Quatre mois plus tard, j’embauchais notre première consultante. D’autres collaborateurs viendront ensuite enrichir l’équipe.
Lorsque je repense aujourd’hui à notre façon de travailler, j’ai parfois l’impression d’évoquer la préhistoire.
Pas de smartphone. Pas d’appareil photo numérique. Pas d’Internet — il n’arrivera réellement en France qu’à partir de 1994. Donc, pas de sites web, pas de réseaux sociaux, pas de Google, pas de Booking, pas de TripAdvisor, pas d’Airbnb.

Pour illustrer les études, nous photocopiions des morceaux de cartes Michelin. Les échanges se faisaient par téléphone fixe, fax ou courrier. Pour les recherches, il y avait le Minitel (depuis 1984). On faisait imprimer des onéreuses brochures, avec couverture glacée, que l’on envoyait à la demande de prospects, par la poste.
Nous travaillions sur des Macintosh Classic, puis des Macintosh IIsi. Avec leur petite puissance et leur écran noir et blanc (à gros pixels), ils feraient rire n’importe quel collégien d’aujourd’hui.
Pour les conférences, nous trimballions un énorme rétroprojecteur et utilisions des transparents coloriés au feutre, à la main. Plus tard, j’ai acheté notre premier vidéoprojecteur : 54.000 francs HT. Une somme considérable pour une machine lourde comme une enclume et encombrante comme un barda de légionnaire.
À cette époque, les restaurants, les trains, les salles de réunions et même les avions baignaient dans la fumée de cigarette. On rentrait chez soi avec les vêtements imprégnés d’odeur de tabac froid, bons pour le pressing.
Et pourtant…
Nous réalisions déjà des études de marché, des études de faisabilité et des enquêtes de clientèle avec exactement la même ambition qu’aujourd’hui : comprendre les marchés avant les autres et apporter des expertises futées, réellement utiles aux décideurs.
Depuis, les outils ont radicalement changé.
Internet a bouleversé les usages et a facilité nos missions. Les plateformes ont transformé la distribution. Les avis en ligne ont donné une voix utile aux clients. Les smartphones ont mis le monde dans une poche. Désormais, l’intelligence artificielle analyse en quelques secondes des volumes de données qui nous demandaient autrefois plusieurs jours de travail.
LES BONNES QUESTIONS, ELLES, N’ONT PAS CHANGÉ
En revanche, une chose est restée étonnamment stable.
Depuis trente-cinq ans, nous cherchons toujours à répondre aux mêmes interrogations.
Que veulent réellement les clientèles ? Comment leurs attentes évoluent-elles ? Comment transformer des projets prometteurs en réussite durable plutôt qu’en déception coûteuse ?
Les outils changent. Les technologies passent. Les modes aussi. Les bonnes questions, elles, demeurent.
LIBERTÉ & INDÉPENDANCE
C’est aussi ce qui explique notre indépendance.
Depuis 1991, Coach Omnium n’a jamais accepté les études de complaisance (un marché pourtant juteux), les chiffres arrangés, les prédictions « boule de cristal », les conflits d’intérêts ou les conclusions écrites avant même d’avoir commencé une mission.
Notre métier tel que nous l’entendons n’a jamais servi à confirmer ce que l’on souhaite entendre.
Il consiste à analyser — pas seulement à produire des chiffres —, à expliquer, à remettre les faits en perspective, parfois à contredire lorsque les données l’imposent, puis à formuler des recommandations solides, argumentées et utiles.
Cette liberté de jugement et de ton est probablement notre principal capital, avec la richesse et l’originalité de notre expertise.
Elle repose sur une conviction simple : l’honnêteté intellectuelle vaut toujours mieux que la complaisance et la triche.
C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles nous sommes encore là : nos clients apprécient cette droiture, avec la fiabilité que cela procure.
LE RELAIS EST BEL ET BIEN PRIS
Alors, que souhaiter pour la suite ? Simplement que l’aventure continue.
Mon associée Perrine Edelman a déjà pris le relais. Merci à elle.
Nous travaillons ensemble depuis plus de vingt ans. Elle connaît cette maison, ses méthodes et ses exigences aussi bien que moi. Elle en partage les valeurs, tout comme ce goût pour l’indépendance qui fait l’identité de Coach Omnium.
Les outils continueront d’évoluer. L’IA transformera avec certitude notre métier.
D’autres révolutions arriveront.
Mais si, dans trente-cinq ans, Coach Omnium continue de poser les bonnes questions, de produire un travail sérieux et de conserver sa liberté de jugement, alors l’essentiel aura été transmis.
Après tout, une entreprise ne vieillit pas parce que les années passent. Elle vieillit lorsqu’elle cesse d’être curieuse.
Tant que cette curiosité restera intacte, ces premiers 35 ans n’auront finalement été qu’un commencement.
Mark Watkins
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